{"id":1718,"date":"2019-04-02T10:38:10","date_gmt":"2019-04-02T08:38:10","guid":{"rendered":"http:\/\/theexotic.ch\/?p=1718"},"modified":"2019-04-02T10:38:10","modified_gmt":"2019-04-02T08:38:10","slug":"review-of-the-john-berger-symposium-oct-2018-by-julie-lang","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theexotic.ch\/?p=1718","title":{"rendered":"Review of the John Berger Symposium (oct. 2018), by Julie Lang."},"content":{"rendered":"<h2>De B \u00e0 X. Faire (l\u2019histoire de) l\u2019art depuis John Berger<\/h2>\n<p id=\"info\">Institut de hautes \u00e9tudes en administration publique (IDHEAP), Universit\u00e9 de Lausanne (UNIL) \/ Mus\u00e9e de l\u2019Elys\u00e9e, Lausanne, October 11-12, 2018<\/p>\n<p><b>Report by:<\/b> <span class=\"reviewer\">Julie Lang<\/span>, UNIL<\/p>\n<div id=\"body\">\n<p>De B \u00e0 X. Faire (l\u2019histoire de) l\u2019art depuis John Berger &#8211; Colloque international organis\u00e9 par l\u2019Institut suisse pour l\u2019\u00e9tude de l\u2019art (SIK-ISEA), le Mus\u00e9e de l\u2019\u00c9lys\u00e9e et l\u2019Universit\u00e9 de Berne.<\/p>\n<p>Questionner des pratiques de l\u2019histoire de l\u2019art, penser la discipline et initier une r\u00e9flexion m\u00e9thodologique constitutive : telle est l\u2019ambition de la proposition du colloque De B \u00e0 X : faire de (l\u2019histoire de) l\u2019art depuis John Berger organis\u00e9e par Sarah Burkhalter (SIK-ISEA), No\u00e9mie Etienne (Universit\u00e9 de Berne) et Pascal Hufschmid (Mus\u00e9e de l\u2019Elys\u00e9e). En prenant pour r\u00e9f\u00e9rence son ouvrage From A to X. A Story in Letters (2008)<a class=\"note\" href=\"https:\/\/arthist.net\/reviews\/20491#note1\" name=\"note1top\">[1]<\/a>, ce colloque a eu pour but d\u2019interroger la discipline de mani\u00e8re prospective, non dogmatique : qu\u2019est-ce que l\u2019histoire de l\u2019art au XXIe si\u00e8cle, quelles sont ses m\u00e9thodes, ses enjeux et ses acteurs?<\/p>\n<p>John Berger, qui r\u00e9sida tout pr\u00e8s de Gen\u00e8ve pendant 50 ans, dans son rapport \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art, offre une grille de lecture commune \u00e0 l\u2019ensemble des interventions de ce colloque. En soulevant et en d\u00e9veloppant des r\u00e9flexions \u00e0 partir de probl\u00e9matiques sugg\u00e9r\u00e9es par l\u2019\u0153uvre de Berger, telles la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019art, la dimension pratique et pragmatique du discours sur l\u2019art, les implicites du monde mus\u00e9al et charges iconoclastes de la critique sur l\u2019art occidental, il s\u2019agit de renouveler le regard sur la discipline. Ainsi, la p\u00e9riode chronologique du colloque s\u2019\u00e9tend de la s\u00e9rie d\u2019\u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es Ways of Seeing de Berger, dont le premier \u00e9pisode est diffus\u00e9 en 1970 sur la BBC, \u00e0 des pratiques actuelles. \u00abPratiques\u00bb puisque ce colloque a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 en deux volets. Le premier, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la question de la recherche d\u2019un point de vue acad\u00e9mique, s\u2019articule autour de l\u2019\u00e9criture de la discipline, tant par le geste th\u00e9orique que par celui du dire. Le second est d\u00e9volu \u00e0 l\u2019importation, la traduction de ces discours dans le domaine mus\u00e9al ou encore \u00e0 leurs incarnations en diverses formes de monstrations publiques, la question du discours par et sur l\u2019exposition \u00e9mergeant alors comme cruciale. Pour ce faire, la parole a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 des acad\u00e9micien\u00b7ne\u00b7s, des curateurs et curatrices ainsi qu\u2019\u00e0 des artistes, qui ont exploit\u00e9 diff\u00e9rents formats plus ou moins performatifs.<\/p>\n<p>Les interventions de Tom Overton, Ileana Parvu, Matthew Harle et Alain Boillat fonctionnent comme un incipit qui atteste de la singularit\u00e9 m\u00e9thodologique de John Berger et montre comment elle permet une lecture critique de l\u2019histoire de l\u2019art. En effet, Berger utilise la discipline histoire de l\u2019art pour en r\u00e9v\u00e9ler la mat\u00e9rialit\u00e9, d\u00e9mystifiant et d\u00e9montrant par ce processus la construction du discours canonis\u00e9. En ce sens, c\u2019est son utilisation performative de l\u2019histoire de l\u2019art qui lui permet de d\u00e9gager une dimension r\u00e9flexive sur le discours construit qui la constitue, notamment par l\u2019image (statique ou en mouvement). C\u2019est alors en confrontant la narration, le construit forg\u00e9 \u00e0 partir de points de vue situ\u00e9s qui forme l\u2019histoire de l\u2019art, \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 des objets, sujets de ce r\u00e9cit, et \u00e0 leurs contextes de production, qu\u2019il en rend pr\u00e9gnant les limites.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de cette d\u00e9monstration, Claire Farago, Donald Preziosi, Tina Sherwll, Charlotte Kent, ouvrent des perspectives pour d\u00e9passer l\u2019aspect \u00abmonolithique\u00bb (pour reprendre le terme de Preziosi) de la discipline. Pour ce faire, l\u2019histoire de l\u2019art se voit red\u00e9finie par le prisme de la recherche et la p\u00e9dagogie, \u00e0 l\u2019aune de nouveaux enjeux : d\u00e9cloisonn\u00e9e, globalis\u00e9e et num\u00e9rique. La performance d\u2019Anna Dezeuze et le Bureau des positions de l\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure d\u2019art et de design de Marseille, ainsi que la lecture de Katya Berger, inclues dans ce panel, participent \u00e0 questionner les formats par lesquels s\u2019\u00e9crit l\u2019histoire de l\u2019art.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019issue de cette premi\u00e8re partie qui propose autant des m\u00e9thodes qu\u2019un constat \u2014 l\u2019histoire de l\u2019art canonis\u00e9e est majoritairement une construction occidentale et situ\u00e9e \u2014, un deuxi\u00e8me volet est consacr\u00e9 au statut et au r\u00f4le des institutions culturelles. En assumant qu\u2019elles sont tributaires, mais \u00e9galement coauteures d\u2019un discours, par leurs missions de conservation, de cr\u00e9ation et de diffusion de contenu (expositions, imprim\u00e9s, m\u00e9diation culturelle), Same Mdluli, Khaled Hourani et Adam Jasper envisagent des th\u00e9matiques et des strat\u00e9gies permettant d\u2019adopter une posture plus prospective. Sandra Kisters, Hannah Pr\u00f6bsting, Aoife Rosenmeyer et Peter Schneemann envisagent la question en termes de r\u00e9ception et d\u2019impact, mais aussi de reproduction et de re-enactment comme objets d\u2019\u00e9tude et pratiques de la discipline<a class=\"note\" href=\"https:\/\/arthist.net\/reviews\/20491#note2\" name=\"note2top\">[2]<\/a>. Ainsi, la responsabilit\u00e9 politique des institutions culturelles est directement questionn\u00e9e tout comme leur n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00eatre des lieux de r\u00e9appropriation, de confrontation et de construction du sens.<\/p>\n<p>La notion de r\u00e9flexivit\u00e9 est au centre de ce colloque. La m\u00e9thode utilis\u00e9e notamment par Berger, revenir \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 des objets et \u00e0 leurs usages afin de rendre pr\u00e9gnant et mettre \u00e0 mal les discours canonis\u00e9s et narratifs tiss\u00e9s \u00e0 partir d\u2019eux (qui, appondus, forment l\u2019histoire en g\u00e9n\u00e9ral), est \u00e9prouv\u00e9e. Les diff\u00e9rentes interventions montrent qu\u2019il existe des histoires de l\u2019art (au pluriel) et qu\u2019il est n\u00e9cessaire de les visibiliser non seulement dans le cadre de la recherche acad\u00e9mique, mais \u00e9galement en exposant publiquement ces processus que ce soit comme Berger par la t\u00e9l\u00e9vision ou des structures mus\u00e9ales actuelles. Se dessine alors aussi en filigrane la question de la d\u00e9mocratisation de l\u2019art, notamment par la mobilisation de supports de repr\u00e9sentation\/diffusion, pour et par tou\u00b7te\u00b7s. Ce colloque, forme d\u2019\u00e9tat des lieux des questionnements actuels, soul\u00e8ve autant d\u2019enjeux qu\u2019il ouvre de nombreuses pistes.<\/p>\n<p>Alors, en quoi est-ce que les diff\u00e9rents panels d\u00e9ploient de nouveaux horizons pour la discipline? Puisque, \u00abquand dire, c\u2019est faire\u00bb, les discours et les repr\u00e9sentations produites participent \u00e0 d\u00e9finir, mais aussi l\u00e9gitimer certaines pratiques et objets, \u00e0 rendre visible, mais aussi invisible, \u00e0 inclure et \u00e0 exclure. En ce sens, l\u2019\u00e9criture de l\u2019histoire de l\u2019art est tout \u00e0 fait politique, dimension centrale \u00e0 mesurer pour la jeune chercheuse que je suis. La question postcoloniale a \u00e9t\u00e9 un fil rouge entre les panels. En r\u00e9sulte qu\u2019il ne suffit pas d\u2019int\u00e9grer cette perspective, un point de vue d\u00e9centr\u00e9 ponctuel, puisqu\u2019historiquement la structure m\u00eame de la discipline repose sur des modes d\u2019exclusion, d\u2019invisibilisation. D\u00e9velopper de nouvelles mani\u00e8res de voir et rendre visible, oui. Mais l\u2019histoire de l\u2019art doit s\u2019engager dans un processus \u00e9pist\u00e9mologique de fond pour ouvrir de nouvelles zones d\u2019attention, et pour inclure de nouveaux acteurs et surtout d\u00e9construire une \u00e9vidence du regard traditionnel, comme le proposait d\u00e9j\u00e0 John Berger. Au-del\u00e0 de relire l\u2019histoire de l\u2019art, d\u2019inclure de nouveaux th\u00e8mes, c\u2019est une d\u00e9construction collective dans le faire, en tant que pratique qui est essentielle. Comme le propose Renate Lorenz dans son livre Art Queer. Une th\u00e9orie du freak (2018)<a class=\"note\" href=\"https:\/\/arthist.net\/reviews\/20491#note3\" name=\"note3top\">[3]<\/a>, il s\u2019agit alors de d\u00e9construire de formes de chronologies pour rendre pr\u00e9gnantes de nouvelles connections, pour ouvrir de nouvelles associations et surtout inclure de nouveaux acteurs pour en parler. Autrement dit, abandonner l\u2019id\u00e9e que l\u2019histoire de l\u2019art est une entit\u00e9 autonome et la penser comme un domaine d\u00e9fini par l\u2019entrecroisement de champs, pour construire un r\u00e9cit id\u00e9alement inclusif, mais d\u00e9j\u00e0 moins exclusif de l\u2019histoire de l\u2019art.<\/p>\n<\/div>\n<p>Read Online: <a href=\"https:\/\/arthist.net\/reviews\/20491\">https:\/\/arthist.net\/reviews\/20491<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"body\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De B \u00e0 X. 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